La CFTC et la SEC se dotent de leurs propres règles crypto

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La CFTC et la SEC se dotent de leurs propres règles crypto

Après l'échec de la CLARITY Act au Sénat, la CFTC et la SEC n'ont pas attendu le Congrès et ont proposé leurs propres règles pour le trading crypto à effet de levier, laissant le marché au comptant sans cadre.

Le Sénat américain n'a pas réuni assez de voix en septembre pour la CLARITY Act, la loi censée enfin répartir les compétences entre la SEC et la CFTC et combler le principal vide réglementaire : qui surveille le marché au comptant du bitcoin et de l'ether. Le vote de procédure du 15 septembre s'est arrêté à 49 voix pour, loin des 60 requises, et le Congrès a remisé le sujet sans calendrier pour une nouvelle tentative.

La CFTC et la SEC ont décidé de ne pas attendre. Le 5 octobre, les deux agences ont présenté un ensemble de règles pour le trading de cryptomonnaies à effet de levier ou sur marge : Regulation CTX et Regulation CAM. La première impose de faire passer ces opérations par des courtiers enregistrés (FCM), avec des contrôles anti-blanchiment intégrés. La seconde crée une catégorie d'enregistrement propre aux plateformes crypto, une version restreinte du statut dont bénéficient déjà les marchés de matières premières traditionnels.

Le président de la CFTC, Mike Selig, présente cela comme un moyen de donner aux plateformes "une voie pour opérer sous une supervision fédérale uniforme". Mais cela ne couvre que la marge et le levier. Acheter du bitcoin au comptant, au prix du moment, reste régi État par État par les lois sur les transmetteurs de fonds. Là, la CFTC ne peut que poursuivre la fraude et la manipulation, sans pouvoir délivrer de licences ni superviser plateformes et courtiers.

La SEC avait déjà bougé en août avec sa propre Regulation Crypto Assets, aux seuils de levée de fonds allégés : jusqu'à 20 millions de dollars pour certaines offres, 75 millions pour d'autres, sans enregistrement complet. Mais aucune de ces mesures ne remplace une loi. Protéger les clients en cas de faillite d'une plateforme, ou classer clairement les jetons selon la réglementation anti-blanchiment, exige un texte du Congrès que ni l'une ni l'autre agence ne peut remplacer de son propre chef.

Les juristes qui suivent le dossier n'attendent pas de règles contraignantes avant fin 2027. D'ici là, les grandes plateformes gagneront un peu de clarté sur la marge et le levier, tandis que les millions de personnes qui achètent simplement de la crypto au comptant resteront dans la même zone grise qu'aujourd'hui.

Questions et réponses

Questions fréquemment posées sur le sujet de l'article

Qu'ont exactement proposé la CFTC et la SEC le 5 octobre ?

Deux ensembles de règles : Regulation CTX impose que le trading crypto à effet de levier ou sur marge passe par des courtiers enregistrés avec contrôles anti-blanchiment, et Regulation CAM crée une nouvelle catégorie d'enregistrement pour les plateformes crypto, inspirée des marchés de matières premières traditionnels.

Pourquoi le Sénat n'a-t-il pas adopté la CLARITY Act ?

Le 15 septembre, le vote de procédure pour clore le débat a obtenu 49 voix pour, loin des 60 requises. La loi censée combler le vide réglementaire du marché au comptant est restée bloquée, avec peu de chances d'un nouveau vote sous ce Congrès.

Quel vide réglementaire reste-t-il ouvert ?

L'achat direct de bitcoin ou d'ether au prix du moment, le marché au comptant, reste sans régime fédéral de licence ni de supervision. La CFTC n'y peut poursuivre que la fraude et la manipulation, et l'enregistrement des courtiers et plateformes spot dépend toujours des lois de chaque État.

Quand les nouvelles règles entreront-elles en vigueur ?

Les juristes qui suivent le dossier n'attendent rien de contraignant avant fin 2027 — les propositions doivent encore passer par une consultation publique et des révisions. D'ici là, les plateformes opèrent en régime transitoire, et seule une loi du Congrès peut vraiment garantir la protection des clients en cas de faillite.