Google a enfin montré ce qui devait être sa grande réponse à OpenAI et Anthropic cette année. L'entreprise a présenté Argon, le modèle phare qui porte toute la famille Gemini 4. La sortie arrive environ six mois après le calendrier annoncé par Sundar Pichai, et le précédent fleuron, Gemini 3.5 Pro, a été discrètement abandonné.
Selon un porte-parole de Google, Argon est "le modèle le plus performant de l'entreprise pour les charges de travail complexes", comparable sur les tests clés de code et de cybersécurité à Astra d'OpenAI et Opus d'Anthropic. Les chiffres publiés par Google lui-même sont plus parlants que le discours commercial : Argon devance ses rivaux sur plusieurs bancs d'essai, mais reste derrière sur deux des quatre tests de programmation que l'entreprise a choisi de publier.
Un accès large n'existe pas encore. Pour l'instant, Argon est réservé à des partenaires sélectionnés en cybersécurité, et le modèle s'inscrit dans le processus volontaire de revue de l'administration Trump, par lequel les entreprises partagent leurs modèles de pointe avec les autorités avant tout lancement public. Google n'a donné aucune date pour le grand public.
Ce retard coïncide avec une période agitée chez DeepMind : son fondateur, Demis Hassabis, a quitté la direction du laboratoire, et plusieurs responsables du projet Gemini ont quitté l'entreprise. Pendant que Google réorganisait sa propre structure, OpenAI et Anthropic ont continué à multiplier les mises à jour, creusant un écart dans une course qui semblait encore équilibrée il y a peu.
Les comparaisons de performance viennent des propres mesures de Google, pas d'un audit indépendant, et méritent d'être lues avec cette réserve en tête. Tant qu'Argon reste entre les mains d'une poignée de partenaires sans date de lancement public, le vrai test ne viendra pas d'un communiqué, mais des premières évaluations indépendantes, le jour où elles arriveront.



