La SEC ouvre aux fonds la garde de cryptos sans les banques

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La SEC ouvre aux fonds la garde de cryptos sans les banques

Après l'échec du CLARITY Act au Sénat, la SEC agit seule : conseillers et fonds pourront bientôt conserver des cryptoactifs via des sociétés fiduciaires d'État ou, dans de rares cas, par eux-mêmes.

Il y a six semaines, le Sénat a enterré le CLARITY Act, la loi censée encadrer le marché crypto américain. Le Congrès est bloqué. Les régulateurs ont choisi de ne plus attendre.

Le 1er octobre, la SEC a dévoilé un projet de règles sur la façon dont les conseillers en investissement et les fonds réglementés peuvent conserver des cryptoactifs pour leurs clients. Les textes en vigueur, rédigés dans les années 1940 pour des actions et des obligations, n'avaient jamais prévu le bitcoin : les conseillers doivent en théorie confier les actifs à un « dépositaire qualifié », le plus souvent une banque ou un courtier, et la plupart refusent toujours la crypto.

Le nouveau texte ouvre deux voies. La première : des sociétés fiduciaires agréées par un État, à condition que le fonds vérifie leur autorisation et leurs garanties écrites contre le vol, la perte et les abus, puis revérifie chaque année. La seconde : une autoconservation limitée par le conseiller lui-même, seulement si aucun dépositaire adapté n'est disponible, réévaluée chaque trimestre plutôt qu'actée une fois pour toutes.

Le président de la SEC, Paul Atkins, résume sans détour : le bitcoin est passé d'une curiosité marginale à une classe d'actifs valant des milliers de milliards de dollars, et les règles n'ont pas suivi. La commissaire Hester Peirce ajoute une nuance moins citée : l'autoconservation ne convient pas à tout le monde, mais beaucoup de détenteurs de crypto tiennent à garder le contrôle de leurs clés.

La consultation publique durera 60 jours après publication au Federal Register. Le texte ne fixe aucune norme de sécurité uniforme pour les sociétés fiduciaires d'État elles-mêmes — une question laissée à chaque État, et qui alimentera sans doute les prochains débats entre dépositaires.

Questions et réponses

Questions fréquemment posées sur le sujet de l'article

Qu'est-ce que la proposition de la SEC changerait concrètement ?

Conseillers en investissement et fonds réglementés auraient deux voies légales pour conserver la crypto des clients : des sociétés fiduciaires d'État avec révision annuelle, ou, dans des cas limités, une autoconservation réévaluée chaque trimestre.

Pourquoi les anciennes règles ne convenaient-elles pas à la crypto ?

La loi sur les conseillers en investissement des années 1940 exigeait de confier les actifs à un « dépositaire qualifié », le plus souvent une banque. Presque aucun n'acceptait la crypto, laissant les conseillers dans une zone grise.

Quand la règle pourrait-elle entrer en vigueur ?

Ce n'est encore qu'un projet. Une consultation publique de 60 jours débutera après sa publication au Federal Register, et la SEC ne pourra adopter la version finale qu'ensuite.

Quel est le lien avec l'échec du CLARITY Act ?

Le 16 septembre, le Sénat n'a pas réussi à adopter le CLARITY Act, la loi censée structurer le marché crypto. Depuis, la SEC et la CFTC agissent via leur propre pouvoir réglementaire sans attendre le Congrès.