D'habitude, c'est la partie perdante qui se bat pour annuler une décision de justice. Ici, c'est l'inverse : la CFTC et Gemini ont demandé ensemble à un juge d'annuler un accord qu'elles avaient elles-mêmes signé. Et le juge a refusé.
L'affaire remonte à 2022, quand le régulateur des matières premières a accusé Gemini d'avoir fourni des déclarations fausses ou trompeuses au personnel de l'agence lors de l'examen d'un contrat à terme sur le bitcoin. Elle s'est conclue en janvier 2025 par un accord : Gemini a payé une amende civile de 5 millions de dollars et accepté une injonction permanente de ne pas récidiver.
L'affaire aurait dû s'arrêter là. Mais en mai 2026, sous une nouvelle direction et avec une administration plus conciliante envers les cryptomonnaies, la CFTC a mené un examen interne et conclu que l'affaire n'aurait jamais dû être engagée, citant des doutes sur la crédibilité du lanceur d'alerte, des failles dans les preuves et ses propres pratiques d'application. Gemini et le régulateur ont alors déposé une requête conjointe pour annuler l'intégralité de l'accord.
Le juge Alvin Hellerstein, à New York, n'a pas été convaincu. Il a rappelé que Gemini avait combattu la CFTC pendant plus de trois ans avant de transiger volontairement, en connaissant parfaitement les faiblesses du dossier à l'époque. Qu'un régulateur change d'avis sur une affaire qu'il a déjà gagnée, selon lui, ne justifie pas de réécrire l'histoire : cela exige le type de démonstration qu'exige la règle fédérale 60, et aucune des deux parties ne l'a apportée.
L'amende de 5 millions de dollars et l'injonction restent donc en vigueur. Cette décision rappelle que même un régulateur disposé à se montrer conciliant ne peut pas simplement s'entendre avec une entreprise pour effacer le passé : un tribunal considère un accord homologué comme une affaire qui lui appartient, pas un tampon que l'une ou l'autre partie peut retirer à sa convenance.


