Le 16 septembre, Circle, la société derrière le stablecoin USDC, a activé le mainnet de sa propre blockchain, Arc. Son PDG, Jeremy Allaire, a qualifié ce projet d'"opportunité plus grande" que l'USDC lui-même, alors que ce dernier reste pourtant la principale source de revenus de l'entreprise.
Ce qui frappe, ce n'est pas le réseau en soi, mais ceux qui en font tourner les nœuds. Les 11 validateurs fondateurs ne sont pas des start-up crypto, mais des poids lourds de la finance traditionnelle : BlackRock, Visa, Mastercard, l'opérateur boursier ICE, la chambre de compensation DTCC, le réseau de paiement MoneyGram, le groupe japonais SBI, Standard Chartered et d'autres. Ces acteurs étaient jusqu'ici clients de blockchains publiques comme Ethereum. Désormais, ils signent eux-mêmes les blocs — une démarche rare pour des banques de cette taille.
Techniquement, Arc repose sur le moteur d'exécution Reth, reste compatible avec Ethereum et Solidity, mais utilise son propre mécanisme de consensus, Malachite, qui finalise les blocs en moins d'une demi-seconde. Les frais de transaction se paient en USDC plutôt qu'en un jeton volatil — ce qui lève un obstacle majeur pour des banques peu enclines à voir le coût d'une transaction varier avec le cours d'une cryptomonnaie.
Un jeton distinct, ARC, sert au staking et à la gouvernance, pas aux frais. Sa prévente, menée par a16z crypto, a levé 222 millions de dollars à 0,30 dollar l'unité, valorisant le projet à 3 milliards de dollars pour une offre de 10 milliards de jetons. Circle en a conservé un quart, alloué 60% au développement de l'écosystème, et mis le reste en réserve à long terme.
Les partenaires ont déjà annoncé la suite : DTCC prévoit de tokeniser des titres sur Arc dès 2027, et BlackRock envisage d'y transférer nativement une partie de son fonds monétaire BUIDL, fort de 2,87 milliards de dollars. Il y a toutefois un bémol : c'est Circle elle-même qui choisit la liste des validateurs, et rejoindre le réseau se fait sur invitation. Pour les puristes de la décentralisation, cela ressemble moins à une blockchain classique qu'à un registre bancaire en consortium, simplement mieux présenté.



