Le 17 janvier 2025, deux jours avant son investiture, Donald Trump a lancé son propre memecoin. En moins de 48 heures, le token TRUMP a atteint 75 dollars, attirant près d'un million et demi d'acheteurs. Dix-huit mois plus tard, la société d'analyse blockchain Nansen a tiré les comptes : sur 1,48 million de portefeuilles ayant acheté le token, 988 905 — soit les deux tiers — sont en perte. Le total des moins-values atteint 3,81 milliards de dollars.
Les gagnants existent, mais ils sont peu nombreux. Les acheteurs entrés dans les premières minutes à moins d'un dollar, avant la flambée, détiennent 4,04 milliards de dollars de gains cumulés. Tous les autres ont suivi plus tard — au sommet ou en cours de chute — et attendent une reprise qui n'est pas venue. Le token TRUMP se négocie aujourd'hui autour de 1,78 dollar, soit une chute de 97% depuis son pic. La capitalisation est tombée de près de 15 milliards à 425 millions de dollars.
Ce qui interpelle, c'est le bénéfice personnel de Trump. Sa déclaration de patrimoine de 2026 fait apparaître 636 millions de dollars de revenus issus du projet TRUMP. Le mécanisme est simple : le portefeuille du projet prélève une commission sur chaque transaction, quel que soit le sens du marché. En comptant World Liberty Financial, les revenus liés aux cryptomonnaies du président en exercice dépassent 1,4 milliard de dollars. WLFI présente un tableau similaire : 85% des 26 663 acheteurs sur le marché secondaire sont en perte, pour un total de 83 millions de dollars.
Cette publication tombe dans un contexte politiquement délicat. Au Sénat, les négociations sur le CLARITY Act ont échoué avant l'échéance du 4 juillet. La sénatrice Kirsten Gillibrand a déposé un projet de loi interdisant aux élus d'émettre des cryptoactifs. Les données de Nansen donnent à ce débat un chiffre brutal : près d'un million d'investisseurs particuliers ont perdu 3,81 milliards de dollars pendant que l'émetteur du token encaissait 636 millions en commissions.



