La CFTC dispense les portefeuilles crypto de licence de courtier

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La CFTC dispense les portefeuilles crypto de licence de courtier

La CFTC a étendu à tout le secteur la dérogation accordée en mars au seul Phantom : les créateurs de wallets non dépositaires et d'interfaces DeFi peuvent connecter leurs utilisateurs aux dérivés régulés sans licence.

Un wallet crypto n'est qu'un logiciel : il ne détient pas l'argent de l'utilisateur, ne décide pas à sa place de ses achats, il se contente de le connecter à un exchange. Mais à la lettre de la loi, ce type de logiciel risquait depuis des années d'être qualifié de courtier — ce qui implique un enregistrement, des obligations déclaratives et une tout autre facture juridique. Le 17 septembre, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) américaine a levé cette ambiguïté.

L'agence a publié la lettre de non-action n°26-25, qui étend à tout le secteur une dérogation qu'une seule entreprise — le wallet Phantom — avait obtenue en mars. Désormais, tout créateur de logiciel « passif », qu'il s'agisse d'un wallet non dépositaire ou d'une interface de protocole DeFi, peut connecter ses utilisateurs à des dérivés régulés — futures, contrats perpétuels, marchés de prédiction — sans s'enregistrer comme courtier introducteur. Les conditions sont simples : ne pas décider des ordres de l'utilisateur, ne pas détenir ses fonds, et ne se connecter qu'à des courtiers et exchanges enregistrés.

Pour le secteur, c'est un modèle prêt à l'emploi plutôt qu'une autorisation à négocier au cas par cas, comme Phantom a dû le faire pendant six mois. La juriste en chef du Solana Policy Institute a qualifié le texte de « cadre sur lequel d'autres éditeurs peuvent s'appuyer ». Le patron du Digital Chamber estime que le régulateur a levé une incertitude qui freinait l'innovation logicielle du marché.

Le calendrier n'a rien d'un hasard. Deux jours plus tôt, le Sénat avait échoué à faire avancer le CLARITY Act, la grande loi fédérale sur les cryptomonnaies attendue depuis plus d'un an. Le jour même de la lettre de la CFTC, la SEC publiait sa propre « exemption pour l'innovation » sur les actions tokenisées. Le Congrès étant bloqué, les agences ont visiblement choisi d'écrire les règles elles-mêmes, via des positions internes plutôt qu'une loi.

Cette méthode a un point faible. Une lettre de non-action reflète la position des services de la commission, ni une loi ni même une règle formelle de la CFTC. Un changement de direction pourrait la retirer à tout moment, contrairement à un texte voté par le Congrès. Pour l'instant, le secteur gagne du répit, pas une réponse définitive.

Questions et réponses

Questions fréquemment posées sur le sujet de l'article

Qu'est-ce qu'une lettre de non-action et pourquoi n'est-ce pas une loi ?

C'est une position officielle des services de la CFTC indiquant que la commission n'engagera pas de poursuites pour un comportement précis si certaines conditions sont respectées. Elle ne passe pas par un vote du Congrès et n'a pas force de loi : une nouvelle direction de la commission peut la retirer à tout moment.

Qui est concerné par la nouvelle dérogation de la CFTC ?

Sur les créateurs de logiciels « passifs » : wallets non dépositaires et interfaces DeFi qui connectent les utilisateurs à des futures, perpétuels et marchés de prédiction régulés, sans contrôler leurs ordres ni détenir leurs fonds.

En quoi la lettre du 17 septembre diffère-t-elle de la décision de mars ?

En mars, une seule entreprise — le wallet Phantom — avait obtenu la dérogation, après en avoir fait la demande individuellement. La lettre du 17 septembre transforme cette autorisation ponctuelle en cadre général accessible à tout développeur remplissant les mêmes conditions.

Quel est le lien avec l'échec du CLARITY Act ?

Le texte censé encadrer globalement le marché crypto n'a pas obtenu les 60 voix nécessaires au Sénat le 15 septembre. Deux jours plus tard, la SEC et la CFTC ont publié leurs propres lignes directrices quasi simultanément, reprenant en pratique le travail que le Congrès n'a pas pu achever.

La CFTC pourrait-elle retirer cette dérogation plus tard ?

Oui. En tant que position des services et non loi, la dérogation ne tient que jusqu'à ce que la CFTC adopte une règle formelle ou qu'une nouvelle direction décide de la revoir. Pratique pour démarrer vite, mais moins solide qu'une loi votée par le Congrès.