La Corée du Nord et l'Iran cachent des malwares dans la blockchain

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La Corée du Nord et l'Iran cachent des malwares dans la blockchain

Chainalysis a recensé une hausse de 440% des écritures malveillantes sur la blockchain en un an : des pirates liés à la Corée du Nord et à l'Iran s'en servent comme caches impossibles à effacer.

Les instructions malveillantes cachées dans des transactions blockchain ont presque quintuplé en moins d'un an, selon un rapport de Chainalysis publié le 17 septembre. L'entreprise comptait en moyenne 2,06 écritures malveillantes par jour il y a un an ; ce chiffre atteint désormais 11,1.

La technique s'apparente à une boîte aux lettres morte numérique. Plutôt que de dépendre d'un serveur de commande que l'on peut désactiver, les attaquants enfouissent leurs instructions dans des transactions ou des contrats intelligents. Rien sur une blockchain ne peut être supprimé ni bloqué : un appareil infecté n'a qu'à interroger la même adresse encore et encore pour recevoir de nouveaux ordres — où envoyer les données volées, ou vers quel serveur basculer.

Environ deux tiers de cette activité, au dernier trimestre, proviennent de groupes liés à la Corée du Nord et à l'Iran. Les opérateurs nord-coréens, suivis par Google Threat Intelligence sous le nom UNC5342, s'appuient sur Tron, Aptos et BNB Smart Chain. Les acteurs iraniens présumés préfèrent Bitcoin : ils envoient de minuscules paiements vers une adresse historiquement associée à Satoshi Nakamoto pour y fixer les coordonnées de leur infrastructure.

Le pic coïncide presque exactement avec juillet 2025, quand des modèles d'intelligence artificielle chinois puissants et à poids ouverts sont devenus largement accessibles, capables d'écrire du code malveillant avec peu de garde-fous. Le chercheur de Chainalysis Eric Jardine reste prudent sur le lien de causalité : la coïncidence temporelle est nette, dit-il, mais rien ne prouve encore que les attaquants derrière ces transactions aient réellement utilisé ces modèles.

C'est un effet secondaire gênant de la qualité même qui rend les blockchains attractives. La permanence qui protège les utilisateurs ordinaires de la censure protège désormais aussi une infrastructure malveillante que les autorités n'ont aucun moyen réel de démanteler.

Questions et réponses

Questions fréquemment posées sur le sujet de l'article

Qu'est-ce qu'une « boîte aux lettres morte » blockchain ?

C'est une façon de cacher des instructions malveillantes dans des transactions ou des contrats intelligents plutôt que sur un serveur de commande classique. L'appareil infecté n'a qu'à consulter une adresse précise pour recevoir de nouveaux ordres.

Pourquoi cette infrastructure ne peut-elle pas être démantelée ?

Les registres d'une blockchain publique sont permanents par nature : impossible de les effacer ou de les bloquer comme un site web ou un serveur. Cette permanence est justement ce qui rend la technique attrayante pour les pirates.

Quelles blockchains les hackers utilisent-ils le plus ?

Les opérateurs liés à la Corée du Nord privilégient Tron, Aptos et BNB Smart Chain, tandis que les groupes iraniens présumés s'appuient sur Bitcoin, en envoyant de petits paiements vers une adresse précise.

Le rapport prouve-t-il que l'IA est responsable de la hausse ?

Non. Chainalysis a seulement observé une coïncidence temporelle entre la hausse et l'apparition de modèles d'IA chinois à poids ouverts ; les chercheurs n'ont pas confirmé de lien de causalité direct.